Peuple-Vert.fr
·2 April 2025
Ligue 1 : Le Havre proche de la faillite - ASSE

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·2 April 2025
Face à un contrat jugé catastrophique avec DAZN, les tensions explosent au sein de la LFP. Le modèle économique de la Ligue 1 vacille, et certains clubs, comme Le Havre, pourraient en payer le prix fort.
La vidéo publiée par RMC Sport dans l’After Foot a mis le feu aux poudres. Captée lors de la réunion du 14 février dernier, elle dévoile une séquence rare : l’intimité d’un échange entre les présidents des clubs de Ligue 1, tous réunis autour d’un sujet brûlant — le contrat de diffusion DAZN.
Waldemar Kita (Nantes) ne mâche pas ses mots : « Ce contrat, c’est de la merde. Si on n’a pas de plan B, on est mort ! » À ses côtés, d’autres voix s’élèvent, plus ou moins virulentes, mais toutes inquiètes. Jean-Pierre Rivère (Nice) admet que « le plan DAZN est quasiment mort », tandis que Jean-Michel Roussier (Le Havre) dénonce un contrat basé sur des « produits de daube ».
La colère monte, et Joseph Oughourlian (Lens) résume le désastre : « 400 000 abonnés, c’est minable dans un pays de 65 millions d’habitants. Vous vous rendez compte ? » La comparaison avec les performances passées est accablante : 3 millions d’abonnés sur Canal+, 1,2 million sur Amazon. Le chiffre de DAZN fait pâle figure.
Le problème dépasse le simple choix du diffuseur. Pour de nombreux présidents, le management de la LFP est à pointer du doigt, Vincent Labrune en tête. Selon Oughourlian, les erreurs d'appréciation stratégique plombent durablement la valorisation des droits : « Ce contrat valorise nos droits à 150-200 M€. C’est ce qu’on aura au prochain appel d’offres ! »
Dans cette crise, les petits clubs apparaissent comme les grands perdants. « Vous nous prenez pour des cons ! » lâche Jean-Michel Roussier, exprimant le ras-le-bol d’un club doyen comme Le Havre, qui doit composer avec une situation économique préoccupante. Derrière cette sortie, c’est tout l’avenir de certaines formations de Ligue 1 qui est mis en péril.
Le HAC, qui affronte cette saison l’ASSE dans la course au maintien, est déjà dans le viseur de la DNCG. En novembre dernier, le gendarme financier du foot français avait encadré la masse salariale du club et interdit tout recrutement à titre onéreux.
La cause ? Des difficultés financières chroniques, aggravées par une mauvaise répartition des fonds issus du partenariat avec CVC sur les droits internationaux. Le Havre marche sur un fil. Et si DAZN ne tient pas ses engagements, la menace d’une faillite n’est plus une fiction.
« Je ne finirai probablement pas la saison », lançait Roussier dans la fameuse réunion, suggérant que le club pourrait sombrer bien avant le terme de l’exercice 2024-2025. Cette situation pourrait, de manière indirecte, redistribuer les cartes dans la lutte pour le maintien, mais nous n'en sommes pas là.